Un jour à Lisbonne

Hier après dîner, lorsque je nettoyais dans la cuisine, j’entendis un « bang » suivi d’un craquement. Quelques secondes plus tard, mon copain est arrivé et m’a dit, un peu contrarié : « désolée copine, j’ai cassé ton sous-verre ». J’ai regardé ses mains et j’ai vu deux morceaux de carreaux bleus cassés. Je me sentis attristée.

Ce petit carreau faisait partie de la collection de trésors ramenée il y a deux ans de mon voyage à Lisbonne. En le revoyant, les souvenirs de cette belle ville me revenaient.

C’était un jour de décembre. J’ai pris le métro jusqu’à la station Marquês de Pomal. De là, je descendais la Avenida Liberdade à pieds pour rejoindre le centre-ville. Il faisait froid ce jour-là mais avec le soleil qui brillait sur la ville, la marche était très agréable. Comme une capitale typique du sud de l’Europe, Lisbonne est caractérisée par ses châteaux, ses églises et ses beaux immeubles art déco/art nouveau sur les avenues et les places. Toutefois contrairement à des méga villes comme Paris, Londres ou Barcelone, elle est moins stressante. L’air y est plus léger ici et donne une sensation d’intimité, ce qui la rend plus personnel.

Comme à mon habitude, je me suis vite écartée de l’avenue principale, attirée par les petites rues cachées derrière les grands immeubles. Les rues ont été construites le long des collines en se superposant d’une manière anarchique. Sa disposition complexe en toile d’araignée a même dérouté le GPS. Je me suis rapidement retrouvée à me perdre dans ce labyrinthe de ruelles.

Lisbonne est connue pour ses rues et ses immeubles ornés des carreaux stylés. Malheureusement, avec l’urbanisation et l’expansion de la ville, beaucoup de vieilles maisons ont maintenant disparu. Mais lorsque je m’aventurais dans ces petites rues, un monde coloré s’ouvrait devant moi. Les immeubles anciens se dressaient les uns après les autres paisiblement, se distinguant par leurs façades décorées de différents types de carreaux. À chaque recoin, J’étais surprise par une nouvelle composition des couleurs vibrantes. Après avoir vécu des années en Flandres françaises où le paysage est très plat, je me suis contentée de monter et descendre les rues, de contempler la créativité et les caractères de ces maisons et d’imaginer des histoires cachées derrière ces murs.

 

Ressentant un coup de fatigue après plusieurs heures de marche, je suis entrée dans une pâtisserie située sur le flanc de la colline de Sao Jorge. Pendant que je dégustais mon pastel de nata, j’observais les habitants discuter avec le propriétaire du magasin, les touristes pénétrer dans le tramway et les triporteurs monter et descendre. Tout était si naturel. Pourtant j’avais l’étrange sentiment de regarder un film. Il me semblait que la notion de temps devenait soudainement ambigüe. Je me suis donc assise, relaxée, et prenais le temps de savourer cet après-midi d’hiver paisible.

Après la pause, j’ai continué à me promener vers le quartier des artistes et des artisans de la ville. Même si je n’avais pas vraiment prévu de voir des choses spécifiques, il y avait un endroit où je voulais visiter. C’était le magasin de carrelages Cortico & Netos. J’ai lu son histoire sur les réseaux sociaux. Les carreaux vendus ici ont été utilisés pour décorer les façades ou les intérieurs des habitations de Lisbonne. Ces carreaux faisaient partie de la culture, de l’histoire et de la vie quotidienne de cette ville.

J’ai acheté quelques carrelages comme souvenirs de cette ville merveilleuse. De retour à Lille, j’ai mis des pieds en silicone sur leurs dos et je les ai utilisés comme sous-plats et sous-verres. Les regarder me rappelle cet après-midi paisible et la ville colorée. Je pense que je vais réparer le carreau cassé et il continuera d’occuper sa place dans ma maison comme dans ma mémoire.

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