La naissance d’une Artisane


L‘artisanat me passionne depuis longtemps. Lorsque j’ai entre les mains un produit artisanal, j’aime imaginer les pensées et les émotions qui ont accompagnées sa conception et sa réalisation. Pour moi, la valeur d’un objet fabriqué à la main ne se résume pas à son simple aspect esthétique ou à sa fonction pratique. Un produit artisanal est avant tout une création unique qui s’apprécie subjectivement. Chaque imperfection, chaque variation dans le processus de création, apporte un supplément d’âme à l’objet qu’aucune machine ne peut produire ou imiter.

Enfant, ma tante concevait des accessoires au crochet pour moi, tandis que ma grand-mère, avec qui j’ai appris le tricot, fabriquait tous mes pulls… Jusqu’à ce que son arthrose l’en empêchât. Porter ces vêtements, confectionnés par leurs soins, revêtait une signification particulière pour moi. Ils étaient chauds et confortables mais surtout ils créaient un lien sentimental profond entre moi et celles qui les avaient réalisés.
Quand je suis arrivée en France il y a vingt ans, l’un des premiers objets que j’ai acheté était une paire d’aiguilles. Confrontée au choc culturel et souffrant de la distance qui me séparait de ma famille, me plonger dans un travail créatif, en l’occurrence le tricot, s’est révélé une échappatoire salutaire pour faire face aux affres de la solitude.

Tandis que je m’habituais progressivement à ma nouvelle vie en France et m’intégrais davantage dans la société qui m’entourait, le besoin de me réfugier dans la création s’avérait de moins en moins nécessaire. Au fur et à mesure, mes études devenant de plus en plus prenantes et de nouveaux projets apparaissant dans ma vie, j’ai mis de côté les loisirs de l’artisanat en me disant : « Je le ferai plus tard quand j’aurai plus de temps ».

Pendant des années, ce moment n’est jamais venu.
À la fin de mon cursus universitaire, j’ai embrassé une carrière passionnante et stimulante de chercheuse. Cela m’a donné l’occasion de visiter de nombreux lieux à travers le monde et de rencontrer de nombreux chercheurs venant de différents pays. Nos échanges ont bien sûr été intenses sur le plan académique mais également enrichissants sur le plan culturel.

Néanmoins, il manquait toujours de quelques choses au fond.
Au fil du temps, j’ai pu constater que je n’étais pas seule à conserver ce souvenir d’une époque où les savoir-faire manuels étaient bien plus répandus. Fabriquer quelque chose pour un proche n’a pas uniquement vocation à satisfaire un besoin, mais permet également de lui montrer notre attachement.

L’événement déclencheur est survenu il y a deux ans. Au hasard de mes errances sur internet, je suis tombé sur un kit de coussin de chaise en vente. Je me suis exclamais : « Waouh » !
C’était une véritable révélation pour moi. Il a réveillé mes souvenirs d’enfance tout en modifiant mon image du crochet. J’ai découvert qu’il pouvait aussi être élégant et moderne.

Le moment du déclic !


J’ai tout de suite acheté le kit. Néanmoins, il m’a fallu plusieurs mois pour qu’enfin, après une énième journée de travail stressante, je me décidais à le sortir et à me lancer en suivant le tutoriel.

Première étape

Produit fini

Les premiers pas


La première réalisation agrémentée d’une touche personnelle : c’était loin d’être parfait, mais j’étais fière de mon travail.

Les pratiques


Très vite, j’ai redécouvert une passion pour l’artisanat. C’est devenu pour moi un moyen de me détendre, de composer et de créer. Après le premier, vint le second, puis le troisième…

Deuxième réalisation, une soucoupe au style chinois

Troisième réalisation, une housse de coussin de style Granny

Alors que les réalisations se succédaient, l’envie me vint de concevoir mes propres modèles. Le désir de créer était devenu irrésistible. Dès lors, l’idée de transformer ce loisir en entreprise s’est imposée à moi comme une évidence. Aujourd’hui encore, je me demande si je pourrais tirer de cette passion une source de revenu suffisante, mais aussi partager l’amour des objets fabriqués à la main.
Grande admiratrice de Joseph Schumpeter, j’ai étudié et enseigné l’entrepreneuriat à l’université pendant des années. L’heure est maintenant venue pour moi de devenir l’une d’entre eux et de lancer ma propre aventure. Une nouvelle porte s’ouvre devant moi.

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